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Stéphane Herjean

LES FORMULES DE L’ÉCOLE

Surf. Ça glisse à la sortie de l’école !

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Le Télégramme – Publié le 04 mai 2017 – Breizh Road Surfing, l’école de surf itinérante de Stéphane Herjean, a noué un inhabituel partenariat avec l’école Sainte-Anne de Plonévez-Porzay (29). Depuis deux semaines, à la place des TAP, Stéphane emmène une quinzaine d’enfants glisser sur les plages du secteur. Notamment à Porz-ar-Vag à Plomodiern.

« On peut y aller, Stéphane ? ». Il est 15 h 15. À la porte de l’école Sainte-Anne de Plonévez-Porzay (entre Douarnenez et Châteaulin), les enfants trépignent d’impatience. « C’est Corinne qui décide », répond Stéphane Herjean, le maître d’école de la Breizh Road Surfing qu’il a créée en 2013. Corinne Ollivier, c’est la maîtresse. « Tandis que les enfants vont en TAP, 15 familles ont préféré inscrire leurs enfants à l’école de surf de Stéphane. Cependant, dans le cadre scolaire, les cours moyens font aussi du surf », souligne l’enseignante. Mais c’est une autre histoire.

Les TAP buissoniers

Ce mardi, les enfants qui font les TAP buissonniers embarquent dans le minibus de Stéphane. Direction : Porz-ar-Vag, à Plomodiern. C’est l’excitation totale. Elles sont huit filles, âgées de 8 à 10 ans. « Qui veut un bonbon ? », propose l’une d’elles à la cantonade. Maïenn, Salomé, Anaé, Félicie, Hortense, Léa et les deux Louann se régalent. Mais ce dont elles raffolent encore plus, c’est « aller dans l’eau », « se mettre debout sur la planche » et, surtout, « être entre copines ».

 

 

Le vendredi, toujours pendant les TAP, c’est un groupe de sept, principalement des garçons, qui s’en va ainsi glisser sur les plages du coin. Comme les autres, Stéphane Herjean les reconduira, à 18 h, sur le parking de l’école.

« Folle de Stéphane »

Certes, cette activité a un coût pour les familles : 135 € les huit séances. « C’est vrai mais les enfants y prennent tant de plaisir », reconnaît Olivier, le papa de Louann. Ce que confirme Nicolas, dont la fille Léa a préféré arrêter le judo pour se lancer dans les vagues. « Elle est folle de Stéphane ! », plaisante-t-il.

Même son de cloche chez Valérie. « Mon fils Théliau a 9 ans. Il a commencé le surf avec Stéphane quand il en avait 5. Récemment, il s’est cassé le bras. Ça lui coûtait terriblement de ne pouvoir surfer ».

Partenaire du club nautique

En ce chaleureux mardi, les vagues ont répondu à l’appel du soleil. La petite troupe arrive au club nautique, à Porz-ar-Vag. Un bâtiment bien équipé, mis à disposition par la commune. Son président, Julien Blaize, explique qu’il a noué un partenariat avec Stéphane Herjean. « Par le passé, le club a proposé des cours mais c’était lourd à gérer pour les bénévoles que nous sommes. Nous préférons nous concentrer sur l’organisation d’événements et la location estivale de surf, canoë, paddle et body ».

Les 50 élèves du surfeur, y compris les enfants de l’école Sainte-Anne, ont donc pris une adhésion au club (20 €). Elle leur permet d’utiliser l’infrastructure et son matériel quand bon leur semble. En outre, cela fait un point d’ancrage à cette école itinérante. Et, les jours de (trop) mauvais temps, le club offre un abri pour la théorie. « Les élèves de Stéphane pourront aussi faire de la compétition, grâce à l’affiliation du club à la Fédération française de surf », complète Julien Blaize. Quant aux 70 adhérents du club, ils bénéficient d’avantages tarifaires de la part de Stéphane. Tout le monde y gagne.

Séance de redressement

Les jeunes surfeuses sont déjà changées. C’est bien la première fois qu’on voit des filles être prêtes aussi vite… Au bord de l’eau, Stéphane rappelle les consignes de sécurité et entame une séance de redressement tonique. « C’est important qu’elles acquièrent les automatismes pour se relever vite », insiste le prof de surf. « Tous à l’eau maintenant ! ». Stéphane n’a pas à le dire deux fois.

Les plus aguerries vont chercher les belles vagues, tandis que les débutantes ne s’éloignent pas trop, sachant que quelques dizaines de centimètres d’eau suffisent à glisser. Pédagogue dans l’âme, Stéphane les conseille et les encourage. Celles qui n’y arrivent pas tout de suite ne baissent pas les bras. Elles remontent sur leur planche, deux fois, trois fois et c’est parti. Un grand sourire illumine leur visage. « C’est largement mieux que l’école ! Et Stéphane, il est vraiment trop gentil », lance l’une d’elles en guise de débriefing.

Contact : Stéphane Herjean, Breizh Road Surfing, Plonévez-Porzay. Rens. 06.98.28.88.30.

LES FORMULES DE L’ÉCOLE

Surf & dyspraxie. Thibault et ses jolis biscoteaux

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Le Télégramme – 16 septembre 2014 – «Je me sens plus fort dans mon corps », a déclaré Thibault à sa maman (derrière lui) après la première séance de surf avec Stéphane Herjean. De quoi épater Amandine, son ergothérapeute.
« La musculation, cela permet d’être moins fatigué dans certaines postures qui requièrent de l’attention ». (Photo Marie-Line Quéau)

Handicapé par une dyspraxie avec difficultés motrices, Thibault, 9 ans, a trouvé force, autonomie et confiance en lui grâce au surf. Ce qu’aucune activité n’avait réussi à lui procurer jusque-là. « On n’a plus le même petit garçon ! », se réjouit même sa maman. Témoignages.

Comme tous les enfants, Thibault a besoin de se dépenser, en s’amusant de préférence. Or, cela ne se voit pas mais Thibault souffre d’un handicap qui lui rend extrêmement difficiles certains gestes. S’habiller, nouer ses lacets, manger, écrire, jouer au ballon…

L’AVS, « elle est top ! » 

« Thibault souffre de troubles de la coordination de ces gestes que nous apprenons à faire au cours de la vie et qui finissent par devenir automatiques, explique Amandine Farineau, l’ergothérapeute qui le suit, aux côtés d’un orthophoniste et d’un orthoptiste. Il est obligé de se concentrer pour chacun de ces gestes, ce qui nécessite une importante capacité de concentration ». Exercée à l’extrême par la force des choses, cette capacité fait de Thibault un as de la mémorisation. Mais elle a son revers. Elle est épuisante. Et, quand on a 9 ans, aussi courageux soit-on, on a besoin d’aide pour ne pas baisser les bras. Car les risques sont là. Thibault s’est brûlé au deuxième degré en portant un plat trop chaud. Par exemple.

À l’école La Plaine où il est scolarisé en CM1 à Châteaulin, Thibault dispose d’une auxiliaire de vie scolaire (AVS), Josiane. « Elle est top ! », lance-t-il spontanément. « Mais l’école, ce n’est pas son grand amour, pondère Deborah, sa maman. Il se sent dévalorisé et cela retentit sur le reste de ses occupations. Il devient moins réceptif, moins volontaire, se replie… ». Pour tenter d’inverser le processus, Deborah Le Toux a pensé au sport.

« Il a un sacré courage » 

Football, handball… « Ça n’a pas marché. Thibault ne parvenait pas à passer le ballon, du coup, on ne le lui passait plus… Et un jour, j’ai lu un article dans Le Télégramme sur la Breizh Road Surfing, l’école de surf de Stéphane Herjean ». Deborah l’avoue, elle n’aurait pas pensé au surf d’emblée. « Le déclic s’est fait sur le discours de Stéphane ». C’était il y a six mois.

Après deux cours individuels, Thibault a rejoint l’école. « Je ne fais pas de groupes d’âges ou de niveaux. J’ai juste un groupe qui surfe ensemble, des petits, des moyens et des grands, dont je m’occupe individuellement, détaille Stéphane Herjean. C’est un sport individuel mais la force de mon école, je crois, c’est son esprit d’équipe. Thibault est devenu le chouchou, car il a un sacré courage. Il ne connaissait pas la mer et n’avait que 8 ans et demi quand il a commencé. Et, en surf, comme dans tous les sports de glisse, il faut sans cesse recommencer ». Tomber, remonter sur la planche… Le quotidien de Thibault.

« Je l’ai entraîné à fond là dessus, explique le moniteur. Et maintenant, il arrive à surfer des vagues de travers. Il a un super mental. J’ai juste compris qu’il fallait passer par la verbalisation et non la démonstration et qu’il fallait faire attention à sa fatigabilité ».

DJ de la Breizh Road 

« Dans le groupe, il est valorisé, encouragé par les autres, qui n’y arrivent pas toujours non plus, acquiesce l’ergothérapeute, visiblement épatée par les résultats. Et il n’y a pas d’aide médicale. Juste le moniteur, comme pour les autres ». « J’apprécie vraiment ses qualités, ajoute Stéphane Herjean. Il fait très attention à ses affaires et adore partager. C’est lui aussi mon disc-jockey dans le minibus ! détaille-t-il, complice d’un Thibault tout sourire. Et quelle aventure pour moi que d’obtenir tant de résultats ! Pour progresser, il faut pouvoir se projeter, être inspiré, rêver. C’est la méthode qui a marché sur moi quand j’ai été entre les mains de Bernard Moulin, moniteur de kayak et travailleur social », dévoile Stéphane Herjean évoquant son propre parcours.

« Tout ça n’a pas de prix » 

« À l’école, on nous dit qu’il n’est plus le même, ne se dévalorise plus. Il fait des progrès, ça fait boule de neige. Comme pour la combinaison de surf, si difficile à mettre, que s’habiller pour l’école est devenu facile. Après le surf, il dort bien et le lendemain, il arrive plus posé à l’école ou pour ses séances d’orthophonie. Et la grosse nouveauté, c’est que je le laisse partir seul ! s’étonne encore sa maman. Il a pris du muscle, mais il a grandi sur plein de choses. Tout ça n’a pas de prix ».

Breizh Road Surfing, école itinérante de surf et de bodyboard
© Le Télégramme